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Skoryn

 

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Genseric Delpature

 

Nouvelle

L’odeur des corps calcinés planait dans l’air comme les volutes d’une brume matinale. Sur la colline surplombant le petit village, des bûchers terminaient de se consumer, vomissant vers le ciel les dernières bouffées d’une noire fumée âcre. Lentement, les oiseaux se remirent à chanter. Un chien hurla à la mort. Dans les huttes, serrés les uns contre les autres, les habitants de Bois-Franc se détendirent un peu. Le pire était passé. La veille au soir, un groupe de troubadours était descendu des collines. Pour gagner le gîte et le repas, ils offrirent à la communauté paysanne un spectacle haut en couleurs. Il y avait des cracheurs de feu, des jongleurs, des montreurs d’ours, des histrions et des musiciens. L’hiver touchait à sa fin mais la saison avait été rude et le cœur des fermiers se languissait d’un rayon de soleil. La neige persistait malgré le redoux. Bientôt, le labeur des champs s’imposerait naturellement à eux selon la loi immuable du cycle naturel. Les enfants avaient ri, les femmes dansé, les hommes chanté et bu.
 
C’est alors que survint le missionnaire Agfor, suivi ses sbires. Il n’était plus passé par Bois-Franc depuis une éternité, logeant au château du baron de Ghlyer lors des mois les plus froids. Et l’espace d’une saison, les villageois l’avaient oublié. Lui et ses sermons. Lui et ses démons. La fête battait son plein et personne ne vit la colonne de torches qui se dessinait sur l’horizon. Lorsque les religieux entrèrent dans le village, c’était comme si un vent glacial avait éteint, dans un silence de mort, les bougies de joie allumées dans les cœurs de la populace. La musique mourut. Les rires s’effacèrent. Les visages se fermèrent. Un ours dressé rompit le silence d’un rugissement furieux. Un enfant se mit à pleurer, rapidement camouflé par une mère apeurée. Agfor se tenait à l’entrée du cercle de lumière. De fins flocons tombèrent lentement, bravant l’immobilisme ambiant.
 
« - Qu’est ceci ? »
 
La voix glaciale du Robe Noire résonna comme un coup de tonnerre. Bien entendu, personne ne répondit.
 
«  - Vous donnez asile à ces proscrits ? Des Elfes ? »
 
Jusque là, personne à Bois-Franc n’avait prêté attention au fait que les troubadours n’étaient pas des Hommes. Maintenant que le missionnaire en parlait, les regards se fixèrent sur les oreilles en pointe et les yeux en amende des étrangers. Des Elfes. Dans la voix du représentant du Culte, la haine avait été savamment distillée. Ces derniers temps, les choses avaient empiré dans la baronnie de Ghlyer. Le Culte devenait de plus en plus sévère à l’égard des non humains. Un vol se produisait au marché de Santerre et l’on pendait un Gnome, qu’il n’ait jamais été à Santerre ne suffisait pas à le disculper. Un cerf du domaine du baron était abattu d’une flèche et l’on accusait un Elfe, sans même se soucier que le non humain n’avait pas d’arc. Les plus vieux se souvenaient de légendes évoquant pourtant un âge de paix sous le règne des « longues oreilles ».
 
Les sbires d’Agfor avaient tiré leurs armes, provoquant une panique bien compréhensible dans les rangs des troubadours. La plupart parvinrent à s’enfuir, laissant sur place ballot et matériel, pour atteindre l’orée du bois dans lequel les hommes du Culte n’avaient osé leur donner la chasse. Mais trois Elfes, dont une jeune fille, avaient été rejoints. Aussitôt, des bûchers furent aménagés dans une zone déblayée de neige et les trois non humains, qui avaient tant fait rire et fait rêver le bon peuple de Bois-Franc quelques minutes plus tôt, y furent attachés. Pas un cri ne passa la commissure de leurs lèvres lorsque des torches furent approchées des branchages entassés sous leurs pieds. Pas une plainte ne se fit jour lorsque les premières flammes léchèrent les vêtements amples des troubadours. C’était comme si, dans leurs yeux, ce n’étaient pas eux qui brûlaient, mais un nouveau régime incarné par Agfor et son Dieu Unique. Bientôt, toutefois, le stoïcisme céda et la douleur réclama son dû de cris et de supplications. Le peuple, nerveux, fut conduit de force dans les maisons où il continua d’entendre les râles et le craquement sinistre du bois qui brûlait.
 
Agfor était revenu. Et avec lui le sordide cortège des lamentations quotidiennes du petit village de Bois-Franc. L’hiver touchait à sa fin. Mais la froidure persistait dans les cœurs des villageois. Une froidure qu’un feu au beau milieu de la nuit avait attisée.

 

Présentation

Skoryn est un jeu de rôle médiéval fantastique relativement classique en apparence. On y trouve des Hommes, des Elfes, des Nains, des Orques et quelques autres créatures. La magie existe. On s'y bat à l'épée ou à la hache, ou encore à l'arc ou à l'arbalète. On y monte des chevaux, on y explore des terres hostiles et on y affronte mille et un dangers. Mais en fait, le monde de Skoryn est un peu plus que cela.
Autrefois, les Elfes dominaient le monde de façon pacifique mais les Hommes décidèrent de réclamer leur indépendance raciale et fondèrent un royaume, toujours en place aujourd'hui bien que ses nom et forme aient changé à maintes reprises. Le Kerlance, c'est son nom, est aujourd'hui le siège d'une religion cruelle et sanguinaire, basée sur la suprématie de l'Homme sur toutes les autres races. Alors que sous le règne bienveillant des Elfes, le monde sortait peu à peu de ses croyances et superstitions primitives, revoilà le monde plongé dans l'ombre du mythe et de l'ignorance !

La magie, peu puissante mais omniprésente, est désormais l'apanage des seuls prêtres de ce Culte du Dieu Unique. Tout contrevenant est considéré comme blasphémateur et pourchassé. Les non humains sont persécutés et peuvent être réduits en esclavage, tout comme ceux qui s'opposent à la Loi Divine.

 

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Livre de base

Aides de jeu

Scénarios & Synopsis

Extras

(Pas d'extra disponible)

 

© Clément "l'Archiviste" Aunis 2007