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de Mercutio
- « Tout a commencé avec la bourde de
Noé ! »
Quelques quidam amusés se rapprochèrent du
vieillard braillant. Il était en grande conversation avec un
homme au teint sombre et au port altier.
- « Comprenez monseigneur, avant y’avait pas
d’animaux… enfin si y’en avait mais pas
comme ça ! C’était des poules dociles,
des loups craintifs, des chiens fidèles… enfin
bref, j’en passe et des meilleures mais
c’était des bêtes, et pas encore des
animaux. »
L’homme, rendu quelque peu mal à l’aise
par tous les gens qui se rassemblaient autour de la table, se rajusta
un peu sur son siège…
- « Continuez donc… J’écoute.
», dit-il d’un ton sec.
- « Bah quand Sa Très Sainte Grâce notre
Dieu a créé la Terre, il l’a fait en 7
jours… Ca y’a pas à en douter,
c’est même écrit dans la Bible, au
début… Et quand il allait se poser deux minutes,
il avait créé les hommes et les
bêtes… C’était pas mal en
soit, tout ce barouf. Ca miaulait, ça aboyait, ça
feulait, mais c’était encore normal…
Mais c’est avec Noé que tout a
dérapé ! Noé, vous connaissez
Noé ? »
- « Bien sur que je connais Noé »
répondis l’homme, agacé, «
maintenant si vous pouviez… »
Mais il ne pu terminer sa phrase, le vieillard ayant posé sa
question dans un but purement rhétorique.
- « C’était pas un mauvais bougre
Noé. C’était même un gars
sensible et avec un cœur gros comme ça…
Et il aimait les animaux… enfin les bêtes quoi,
plus que tout… Bien sûr, il avait des
mômes, tout plein de marmaille, et une bonne femme, mais les
bêtes, ça, il en était fada. Et
forcément, quand le Très Haut lui
annonça qu’il allait faire un p’tit
déluge, histoire de vidanger le caniveau
qu’était devenue la Création, avec
Sodome, Gomorrhe et tout ça, bah Noé il a eu son
cœur tout pincé ! Par’que le Seigneur,
il lui avait dit de prendre sa blonde et ses marmots avec lui mais il
avait pas précisé Patouf le chien ! Enfin, je dis
Patouf le chien, j’aurais très bien pu dire
Marianne la vache ou Berthe la biche…
Par’qu’il vivait avec pleeeeeeiiiiin
d’animaux Noé ! Tellement qu’il devait
pas craindre la froidure en hiver ! Et évidemment, il ne
voulait pas les laisser sur terre ses petites bestioles, alors il a
construit un bateau grand comme une ville ou il a casé tous
ses protégés, et y’en avait un couple
par race par’que Noé, il était
plutôt éleveur que chasseur, v’voyez ?
»
Derrière le vieillards, des badeaux commençaient
à rire, comme s’ils anticipaient la suite de
l’histoire.
- « Quelle chance d’être tombé
sur une vraie pie bavarde… décidément
je ne m’en sortirais jamais… » pensa
l’homme en cherchant une excuse pour s’esquiver
discrètement.
- « Alors comme ça, en douce, il les fit tous
entrer dans sa cahute et il attendit que le Vieux Barb…
euuuuuh, que Notre Très Saint Seigneur le prenne avec lui.
Et comme le Seigneur, il avait pas mal de choses à faire
– ça doit prendre un temps fou de provoquer un
déluge – et ben il fit pas gaffe au bateau et
c’est là que les Ecritures, elles sont plus
vraiment correctes… »
Le vieux marin avait finit sa phrase dans un murmure mais plusieurs
personnes levèrent quand même l’oreille.
Un silence pesant se fit dans l’Auberge…
- « Dieu fit pleuvoir sur le monde des tonnes et des tonnes
d’eau - assez pour noyer tous les poissons à mon
avis -. Les poissons de chez Noé, ils se firent la belle
pour aller rejoindre leur petits copains. Et les autres bestioles qui
restèrent furent si proches de Lui pendant ces 40 jours que
quand l’arche elle revint sur la terre ferme, bah elles
avaient autant de mots de vocabulaire que Noé
lui-même, et certaines même étaient
meilleurs… Et Dieu, il a eu beau recréer les
bêtes comme au début, il réussit pas
à les faire aussi bien que celles qui avaient
été dans le bateau de Noé. Mais quand
Noé, il passa l’arme à gauche, bah ses
petits protégés, ils se firent la malle aux
quatre coins du globe… Remarque, faut les comprendre : les
gamins de Noé ne partageaient pas forcément
l’amour de la nature de leur père et certains ne
crachaient pas sur un civet de temps en temps. »
Certains clients levèrent alors leur choppe en poussant un
hourra !
L’homme chercha à toute vitesse un moyen de
s’éclipser, même sans aucune
discrétion, ça lui irait quand
même…
- « Et c’est depuis ce moment que les animaux, les
descendants des bestioles de Noé, ils peuplent la terre avec
l’homme… Et le pire, c’est
qu’on est même pas la création la plus
aboutie de Dieu puisqu’ils sont là aussi, eux.
»
A ce moment, la porte s’ouvrit en claquant. Le bois
grinça sèchement sur les gonds puis alla
s’écraser contre le mur.
- « Philippe de Bernier, au nom de
l’Archevêque Andaloso Villafranca, je vous somme de
nous suivre ! »
Enfin ! Cela faisait quand même deux bonnes minutes
qu’il les attendait ! L’homme se releva
d’un bond et passa un rapide coup d’œil
autour de lui. Trois issues : la porte, la cave et la fenêtre
à l’étage. Cette dernière
solution lui parut non seulement la plus facile, mais aussi de la plus
belle sortie. En un éclair, il dégaina sa lame et
grimpa sur la table. L’assistance commença a se
disperser confusément et chercha à quitter le
plus vite possible la distance qui séparait la troupe de
l’homme. D’un bond, l’homme chercha
à rejoindre les escaliers mais trois hommes y
arrivèrent en même temps. Tant pis !
Un-Deux-Trois, passe de l’Archer Borgne et voilà
trois hommes d’armes qui auraient mieux fait de cuire leur
pain dans un fourneau ce matin au lieu de rejoindre leur poste. De
Bernier grimpa quelques marches, mais un coup
d’épée manqué de justesse
juste derrière lui rappela qu’ils
n’étaient pas que trois. Il se retourna, mais trop
vite et sa truffe manqua de très peu un casque de fer
forgé. L’homme en face était trop
proche pour utiliser son arme. D’un coup de genou rapide, de
Bernier envoya son adversaire gémir en contrebas et en
profita pour croiser le fer avec l’homme juste
derrière. Quelques passes, rien de plus. Le temps lui
manquait pour jouer avec le novice. D’un coup de garde, il
fit sauter l’arme de son adversaire et le projeta
d’un poussotement de la patte sur ses compagnons venus
à sa rescousse.
Arrivé en haut de l’escalier, Philippe de
Bernier se retourna et envoya un regard moqueur au capitaine de la
garde.
- « Simon, on se retrouve plus tard ! Je n’ai pas
trop le temps de jouer ces temps-ci, mais promis : je
m’occupe de ton cas dès que possible ! »
Puis il sauta de la fenêtre et atterris dans une charrette de
passage.
Le capitaine compta ses hommes invalides… Un, deux,
trois, quatre, cinq… Trop, encore une fois… Et
tout ça à cause de ce satané cabot
libertin…
- « Sale chien, tu me le payeras… »
Bienvenue dans « Le Verbe et l’Epée », le jeu de rôle en cinq actes…
Dans ce monde tout en alexandrins, les pièces de
théâtre du XVII° et XVIII°
siècle prennent des accents de vérité.
Le bourgeois est peut-être gentilhomme et Scapin est
d’une fourberie sans pareille.
Mais cela n’est pas la seule
originalité… Bien des siècles avant le
jeu, à l’époque de Noé, sont
apparus les Animaux. Ceux-ci, bien qu’ayant une apparence
animale, marchent, parlent et vivent comme les humains, au
cœur même des sociétés
humaines. On fait bien la différence avec les animaux
sauvage, car il existe bel et bien les bêtes et les autres.
Ce JdRA vous propose de jouer dans le monde fantastique et délirant de « De Cape et de Crocs ». Dans cette Europe du XVII° siècle, de terribles pirates partent en quête de fabuleux trésors protégés par de féroces démons, de vils marchands font escorter leurs biens dignes de Crésus par des bandes de soudars sans scrupules, et de valeureux bretteurs gentilshommes vivent au rythme de leurs combats sans craindre ni le verbe ni l’épée.
(Pas d'aide de jeu disponible)